Untitled photo

"La photo n’est pas un Art.


Sinon il y aurait 7 milliards d’artistes sur la terre. Non, la photo n’est pas un Art, car un Art ne dépend pas de la chance, de la spontanéité, ni d’une anecdote. Ni de sa capacité à être reproduit à l’infini. L’Art doit être permanent et ne doit pas fatiguer.


L’Art doit être permanent et ne doit pas fatiguer. On ne s’habitue jamais à l’Art, l’Art étonne, et la même œuvre, à chaque nouveau regard, interroge. Et c’est comme si on en regardait une nouvelle, jusqu’à ce qu’on se l’approprie et qu’elle fasse partie de nous, qu’on la reconnaisse de loin en loin.


L’Art c’est du travail, beaucoup de travail, pas juste la pression de l’index sur un bouton. Encore une fois, 7 milliards d’artistes produiraient des milliards d’œuvres d’Art tous les jours, à contrario de la qualité d’une œuvre d’Art qui doit être unique.


Mais.


Mais pourtant la photo peut devenir un Art à force de travail, à partir d’une chance qui va être saisie, d’un moment fugace, surtout pas au hasard, et grâce au génie de l’instant.


Arrivé à ce stade, commence le travail de l’Artiste. Et ça, David Ifrah nous le fait comprendre.


Au premier stade, la photo.

Au deuxième stade, une œuvre d’Art.


Entre les deux du travail, beaucoup de travail, car l’Art n’est rien sans travail. Et puis la mise en route d’une théorie, qui veut que dans un fond gris, le parapluie doit être rouge, et que s’il était bleu, les choses ne seraient pas comma David l’a voulu, avec cet élément en fusion, qui vient contrarier la froideur de la pluie. C’est du flair, de la sensibilité, appelez ça comme vous voulez, et puis ça devient une technique, comme celle du pinceau et de la peinture. Car l’Art repose évidemment sur une technique remarquablement maîtrisée.


L’Art est le fruit du génie, servi par le travail d’une vie. Cette collection d’images, de David Ifrah, qui reprend les étapes gourmandes de ses voyages, de ses pérégrinations, de ses éclatantes errances nous apporte la confirmation que dans l’Art, également, le génie est la base de toute manifestation. Le mouvement des photos, les palettes de couleur, les symétries accentuées tout s’associe en un équilibre qui nous rassure. Comme des tableaux de maîtres, nous nous projetons dans l’image, et nous nous accaparons ce village, cette plage, ce bateau, cette explosion de couleurs.


Certains essayent de nous faire accroire qu’un dépotoir ou une ferraille de voitures recèlent de la beauté. C’est du domaine de l’anecdote. David préfère nous emmener plutôt du côté de ce que la nature a de plus beau, comme s’il avait fabriqué des aurores boréales, comme si ces manifestations géologiques et minérales qu’il fige à jamais étaient l’expression de sa propre recherche.


Vous serez comme moi, dans dix ou vingt ans, si vous tombez par hasard sur une photo de David, vous saurez qu’elle est de lui.

Bravo, l’artiste !"


Patrice G. LLavador

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